Le blog de STANLEY DE LORRAINE

On peut l'appeler "ouverture".
On peut la voir comme "manoeuvre".
C'est ainsi que la vie politique française est rythmée depuis...2007.
Disons que cette pratique est en fait plus ancienne que cela,
mais qu'elle a pris une ampleur inégalée.
Le but ultime n'est pas en réalité de gagner des noms,
mais plutôt de déstabiliser l'opposition politique.
Tout compte fait, les mains fragiles changent de camp.
Depuis dimanche dernier, cette malicieuse pratique a changé de tournure.
Il s'agit de mettre à plat les mouvements d'opposition démocrate.
Eviter qu'ils puissent présenter un quelconque danger.
Le vide au Ps - dont il a été si souvent question ici, au risque
d'être devenu "lassant", comme l'a dit Maxime Pisano - est bien entendu
du ressort des socialistes eux-mêmes.
Les nonistes ont ouvert la boîte de Pandore, ils portent une énorme responsabilité.
Coinçés entre leurs contradictions et la stratégie personnelle
de Ségolène Royal, les socialistes sont devenus spectateurs impuissants.

Le Modem, pourtant plus récent, est lui aussi sous la menace permanente
de manoeuvres obscures du pouvoir.
Il doit se structurer encore plus.
Les vertes sirènes ont certainement détourné l'attention.
Le stress du fondateur aussi.
François Bayrou a certainement des défauts.
Aux yeux du pouvoir, il en a un majeur.
Il dérange, parce qu'il refuse de rentrer dans ce "moule" politique qu'est l'Ump.
La direction donnée par le pouvoir doit pouvoir être discutée, débattue,
contestée,  et en même temps, l'opposition démocrate doit montrer
ses différences.

Mais les manoeuvres du parti présidentiel, relayées par certains médias béats,
ne doivent pas cacher l'essentiel.
La déstabilisation de mouvements d'opposition est simplement inique.
Elle vise à faire le vide devant le pouvoir, qui n'aurait  que ses extrêmistes en face.
C'est un certain François Mitterrand qui avait imaginé, en son temps, cette tactique...

Sam 13 jun 2009 17 commentaires
Oui, c'était le pot de chambre de Soissons...;-). Pour en revenir à 2009, on peut considérer que ces dernières rumeurs de débauchage visant le Modem prouvent surtout les limites du système : on sait très bien que Madame de Sarnez est incorruptible et que M. Mercier est dans les tuyaux depuis un bon moment. Rien de nouveau sous le soleil, ne serait-ce pas l'arbre qui cache la forêt, à savoir les tentatives visant désormais les Verts ? 
Pendant ce temps-là, M. Barroso n'est pas encore élu : courage, en voilà une bonne occasion de commencer à causer rapprochement entre orange, vert et rose... 
Pomponius - le 13/06/2009 à 18h44
Voici un nouvel outil. Il est permet, par le biais d'un ramolissement préalable des chairs et de la matière grise, d'entrer plus aisément dans le moule : http://www.rassemblerlescentristes.fr/
Efficace  ? A voir.
Raphaël - le 14/06/2009 à 20h39
ça date d'octobre 2008, ce projet d'après les indications laissées sur ce site. La question, c'est quelle branche de l'UDF ? Parce que dans l'UDF il y avait les centristes du CDS façon Stasi , Barrot et Méhaignerie, il y avait les libéraux, parfois bien proches de l'extrême-droite par leur histoire personnelle (M. Longuet par exemple, ou M. Madelin...), et la grande force de M. Giscard était d'avoir mis tout ce beau monde dans un parti. Alors, l'esprit de l'UDF, quid ? Revenir à la droite orléaniste décrite par René Rémond, je présume. 
Pomponius - le 14/06/2009 à 22h13
ça sent un peu le renfermé ,les commentaires de Pompom ! Longuet et Madelin en casseurs du PFN ,on rigole ! et pourquoi pas refaire l'affaire Boulin ou les cassettes de je sais plus qui ?
Dédé la pointe - le 15/06/2009 à 12h03
S'il s'agit des cassettes Méry de Paris, point n'est besoin de retourner à la préhistoire :-)... En attendant, avant de pouvoir parler de l'esprit UDF, il faudrait quand même s'entendre sur les termes et un peu d'histoire ne nuit alors pas. Même si certains sortent leurs revolvers façon bling bling quand on parle culture...
Pomponius - le 15/06/2009 à 21h07

D’accord avec toi Pomponius, le passé aide à comprendre le présent mais quand même de là à retourner à « Giscard à la barre », il y a un pas ! Remarques, en matière de revolver, l’ancien plus jeune président n’a rien à apprendre, il a encore la gâchette facile et la rancune tenace : ce n’est pas Chirac qui dira le contraire ! Maintenant c’est vrai aussi qu’en reprenant les comportements de ses prédécesseurs qui étaient tous des « agneaux » notre président actuel peut paraître un tantinet flingueur mais alors façon tontons.

Dédé la pointe - le 16/06/2009 à 10h16
L'actuel locataire de l'Elysée n'a pas assez d'humour pour être assimilé à un tonton flingueur. Je ne suis pas nostalgique du temps où M. Giscard était à la barre (encore que j'ai beaucoup d'estime pour le personnage aussi rancunier qu'il puisse être, on en connaît d'autres des rancuniers y compris son successeur actuel) : je m'interroge seulement sur l'UDF visé par les démarches citées plus haut. Qu'un ancien partisan de l'UDF ait du mal à se retrouver dans le paysage actuel, c'est évident et je ne suis pas le dernier : le Modem me semble nettement plus centre-gauche que centre-droit, et de l'autre côté ceux qui sont allés à la soupe UMP ont oublié que l'UDF existait justement pour maintenir un peu de distance et soutenir éventuellement un autre candidat que celui proposé/imposé par l'UMP (autrefois RPR, et même, Maître Dédé, j'irai dans la naphtaline rechercher l'UDR :-)). 
Pomponius - le 16/06/2009 à 19h58

Merci cher Pomponius pour la flatterie mais contrairement à Maître Corbeau je n’y suis pas sensible (enfin j’aime bien quand même, mais pas trop) La référence double à Tonton concernait aussi Mitterrand  ,qui n’avait pas son pareil pour flinguer les impertinents et qui malgré ses nombreuses casseroles a eu une carrière et une postérité que beaucoup de plus vertueux n’auront jamais .Je suis d’accord sur le problème du candidat quasi-imposé mais n’est-ce déjà pas là une preuve de la compétence future de l’individu que de réussir à se rendre incontournable ,à fédérer les ambitions ? Je ne suis pas un fan absolu de notre président mais je considère que c’était certainement la moins mauvaise solution lors des dernières élections et peut-être aussi lors des prochaines …en attendant XYZ ? (maintenant ils ont tous le syndrome JFK !)

Dédé la pointe - le 17/06/2009 à 11h29
Avec toutes mes excuses, mais je n'emploie pas "maître" pour flatter : je m'en sers même à l'occasion pour mes étudiants :-). Je n'ai jamais apprécié M. Mitterrand, surtout pour sa politique extérieure d'ailleurs, étant entendu qu'en économie il avait M. Attali pour lui expliquer ce qu'il ne connaissait guère. Je ne sais pas ce qui aurait été le mieux en 2007 : je n'aime pas trop l'irréel, présent ou passé. Je pense que l'actuel Président a bénéficié du voeu de voir des réformes être faites après un moment d'immobilisme (mais comme disait M. Queuille, après tout, un problème a toutes les chances de se résoudre si on ne le pose pas ? :-)). Le problème c'est la manière de les faire en particulier, en ce moment. On ne touche pas à notre JFK orange :-), lui il a eu l'élégance de tenir parole en laissant sa suivante retourner à Strasbourg où elle avait fait du bon travail.
Pomponius - le 17/06/2009 à 11h47

Plus récent que les affaires UDF anciennes : http://www.libeorleans.fr/libe/2009/06/hervé-novelli-contre-france-3-centre-le-ministre-jette-léponge.html
Sur le fond, il me semble difficile d'entendre que primo le candidat UMP aux dernières élections aurait fait preuve de sa supériorité en s'imposant comme candidat unique : non, il y a eu preuve de son savoir-faire en matière de prise de contrôle d'un parti, preuve de son appétit de pouvoir, mais non preuve qu'il était le meilleur au sein de la droite. En plus, il y a eu un hold-up idéologique puisqu'il a réussi à se faire passer comme le candidat des conservateurs catho en passant à un troisième mariage une fois à l'Elysée, pour ne citer que cet exemple. Je passe sur le dernier argumentaire aux européennes qui m'a fait beaucoup penser au FN, soit dit en passant. 
Ensuite, vous estimez qu'il y avait pire en face : ayant voté pour M. Bayrou au premier tour, je peux difficilement laisser passer cet argument. Madame Royal a des défauts, ce n'est pas Stanley qui me contredira :-), mais elle a des qualités aussi. En particulier elle a su commencer à proposer un nouveau projet de société, certes assez éloigné de certaines icônes socialistes, mais c'est nettement plus intéressant comme démarche que celle d'un Valls ou autre qui ne pense qu'à s'asseoir sur la chaise curule. Ce que personne ne semble vouloir saisir en ce moment, à force de se battre pour la candidature à la candidature, à part Dany le Roux qui justement n'a pas ce travers, c'est que la meilleure façon de stopper ce que beaucoup considèrent comme des abus actuellement, c'est de se mettre d'accord sur un projet de société qui tienne la route et de constituer une majorité alternative stable construite non pas sur une maison commune façon UMP mais sur une fédération, une entente souple entre trois groupes politiques (disons trois, parce que sans entrer dans la discussion sur l'abstention, 16+16 ça fait 32 face à 28 mais avec 8,5 de plus c'est plus solide et ça empêche le PS de se livrer à ses démons hégémoniques que ses derniers résultats n'autorisent pas). 
Mon Dieu, je suis vraiment un impertinent et je vais me faire flinguer ? Pas grave, je crois en la résurrection ;-).  

Pomponius - le 17/06/2009 à 12h23