Europe : le conservatisme de retour

Publié le 12 Mars 2012

 

 

En évoquant deux réformes à mener au sein de l'Union Européenne (Schengen et la "protection" des marchés publics européens), Nicolas Sarkozy a mis les pieds dans le plat des conservatismes habituels. Dans les deux cas évoqués, les réactions sont marquées du sceau de la campagne électorale, mais pas seulement. Entendre ou lire un peu partout que c'est impossible - pas possible est étrange.

Il s'agit dans un cas de réorganiser un système qui a montré ses limites il y a quelques mois et dans l'autre, de promouvoir une mesure économique indispensable. Dans les deux cas, le fonctionnement de l'UE peut -il être effectivement  mis en cause sur le fond comme sur la forme ?

Les conservateurs repondent comme toujours "non", "pas nécessaire". C'est dans le même esprit que l'on entend qu'un déficit budgétaire, un déficit du régime des retraites ou un endettement public ne sont pas importants. A tel point, qu'il n'y a pas lieu de les corriger...


Rédigé par STANLEY DE LORRAINE

Publié dans #politique géné

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Raph 12/03/2012 19:46


Cher Stanley,


Ce n'est pas le conservatisme qui est à l'origine des réactions aux propositions de Sarkozy, mais bien les propositions elles-mêmes.


A mon avis, le point fondamental d'achoppement se trouve dans la méthode.


En effet, l'Europe est fondée sur des principes tels que la coopération loyale, la négociation, et surtout l'acceptation de règles - de fonctionnement et de décisions - communes.


Je te laisse imaginer la réaction que peut susciter, en Europe, la proposition d'un responsable politique qui arrive et dit : "Ce sera comme ça, et pas autrement, sinon, je me casse et je fais ce
que je veux".


Voici une méthode qui est à l'exact opposé de l'esprit même de la construction européenne (mis à part un bref instant dans les années 65 et 66).


Subsidiairement, et cette fois ci, sur le fond, les propositions ne manquent pas d'étonner étant donné qu'elles sont déjà sur la table ou en voie
de l'être !


Sur Schengen tout d'abord : la négociation sur l'amélioration de la gouvernance politique de Schengen est entamée depuis plusieurs mois. Idem s'agissant de Frontex, l'organisme chargé des
frontières extérieures de l'UE. Et justement, mercredi dernier avait lieu à Bruxelles un Conseil JAI traitant des ces questions. Et bien, seules la Grèce et la France n'étaient pas représentées
au niveau ministériel. Si la question évoquée hier était si importante, on peut imaginer que M. Guéant aurait fait le déplacement..... Mais, pis, au delà de l'anecdote, il se murmure que c'est la
France qui ralentit les négociations sur le sujet.


Sur les marchés publics ensuite : il faut relever tout d'abord que l'UE, à l'instar des USA, est signataire de l'accord multilaréral sur les marchés publics depuis 1994, qui ouvre
substantiellement l'accès aux marchés publics des parties aux Etats tiers. Ces règles doivent être respectées, sauf à les dénoncer. Ensuite, il est à noter que, là encore, la réforme est en cours
: d'ici la fin mars 2012, la Commission devrait présenter une proposition encadrant l'octroi de marchés publics à des entreprises étrangères. Car c'est à la Commission de faire des propositions
et non pas au président français de poser des ultimatums.


Bref, la question européenne a encore donné lieu à de l'agitprop.


euractiv.fr/marches-publics-ue-veut-rendre-chine-monnaie-article
Copyright © EurActiv.fr


es commissaires européens au Marché intérieur et au Commerce devraient présenter une proposition législative encadrant l'octroi de marchés publics à des entreprises étrangère

Source : http://www.euractiv.fr/marches-publics-ue-veut-rendre-chine-monnaie-article
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es commissaires européens au Marché intérieur et au Commerce devraient présenter une proposition législative encadrant l'octroi de marchés publics à des entreprises étrangère

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